Internet : des assos et des usages

L'usage d'Internet se développe auprès des entreprises et des particuliers mais qu'en est-il des associations ? Combien d'entre elles sont connectées ? Quels sont leurs usages et leurs attentes ? Une étude pilotée par l'Institut de Recherche et d'Information sur le Volontariat (IRIV) apporte quelques éléments de réponse.

Dans l'esprit d'e-Europe, initiative de la Commission Européenne pour développer des projets qui renforcent la culture numérique et stimulent l'utilisation d'Internet, l'Institut de Recherche et d'Information sur le Volontariat (IRIV) a proposé à plusieurs départements français de participer à un projet pilote. Il s'agissait d'apprécier le degré d'appropriation d'Internet par les associations, d'identifier les freins à son utilisation et de proposer des actions de formation encourageant des pratiques innovantes. Trois départements - l'Isère, l'Ille et Vilaine et la Haute-Garonne - se sont prêtés au jeu en 2002. Sur un peu plus de 3 000 associations interrogées, 614 ont répondu. Il s'agissait surtout de petites structures en Haute-Garonne, d'associations de taille moyenne en Ille-et-Vilaine et de taille plus importante en Isère. Les secteurs de la culture, du sport et des loisirs étaient majoritairement représentés dans l'échantillon.

Internet a la cote en Bretagne

S'il est sensiblement le même en Ille-et-Vilaine et en Isère (aux environs de 70%), le taux d'équipement en adresses électroniques est moins élevé en Haute-Garonne (une association sur deux n'a pas indiqué d'e-mail dans sa correspondance). Et le taux de possession d'un site Internet suit la même tendance. Les trois quarts des 117 associations connectées le sont depuis plus d'un an et moins de cinq ans ; 20% sont branchées depuis moins d'un an. Alors que près d'un tiers des Bretons dispose d'une connexion haut débit, ils ne sont respectivement que 20% en Isère et 15% en Haute-Garonne à être équipés de la sorte. Ce sont surtout les bénévoles qui utilisent cet outil en Haute-Garonne (46%), tandis que les salariés sont de plus gros utilisateurs dans les deux autres départements. Si les associations de Haute-Garonne sont moins bien équipées, cela ne les empêche pas de se connecter : près de la moitié des personnes interrogées déclarent se brancher une à deux heures par jour. En Ille-et-Vilaine, ils sont même près de 30% à surfer ou à correspondre plus de deux heures par jour.

Les problèmes matériels freinent les velléités

Si, pour toutes les associations non connectées, le problème du matériel semble rédhibitoire (plus de la moitié des réponses sur les freins concerne l'absence de matériel informatique), de grandes variations apparaissent dans les autres motifs. Ainsi, les raisons financières, qui sont marginales pour la Haute-Garonne, sont significatives pour les autres départements. L'absence de disponibilités et de compétences pour s'occuper du dispositif semble un frein particulièrement important pour l'Ille-et-Vilaine. Manque d'ouverture ou méconnaissance des fonctionnalités de l'outil ? Une association sur cinq en Isère et une sur six en Haute-Garonne pensent qu'Internet ne présente pas d'intérêt pour elles. C'est surtout pour disposer d'une adresse électronique ou pour développer un site Internet que les associations non connectées aimeraient se brancher. Rechercher des informations sur la toile, donner une image moderne de sa structure et communiquer plus facilement avec les adhérents sont les raisons invoquées ensuite.

Un outil qui devient vite indispensable

C'est un plébiscite ! Plus de 90% des associations connectées sont satisfaites d'Internet et trouvent qu'il modifie favorablement le fonctionnement de l'association. Outre les fonctions de communication et de recherche précédemment évoquées, les associations utilisent Internet pour préparer des réunions, pour trouver des partenaires sur un projet, créer des réseaux et rechercher des fonds. Le e-learning pour le personnel (bénévoles et salariés) et la recherche de bénévoles par le Net sont beaucoup moins cités. Les grands avantages d'Internet en interne ? Une plus grande capacité de réaction, une meilleure communication avec les adhérents et les bénévoles, une amélioration de l'organisation du travail. Sur le plan externe, l'accès aux informations, la communication avec le public et les partenaires sont grandement améliorés par Internet. Si l'on interroge les associations qui ont répondu à la consultation, le résultat est sensiblement du même ordre : c'est l'accès à l'information, l'ouverture sur le monde et un meilleur travail en réseau qui constituent les principaux apports d'Internet. L'exercice de la démocratie au sein de l'association vient bien loin derrière…

Il ne reste plus maintenant qu'à se e-former

En moyenne, une personne sur deux n'a jamais suivi de formation à Internet. Lorsqu'elles en ont bénéficié, celle-ci était organisée par des organismes extérieurs, des bénévoles de l'association ou, dans une moindre mesure, par des salariés. La formation est dans la plupart des cas autofinancée par l'association. Pour près de la moitié des associations, bénévoles et salariés doivent pouvoir être formés à Internet sans qu'il y ait de priorité entre ces deux types de population. Enfin, près de la moitié des personnes seraient prêtes à suivre une formation par Internet. Un taux qui laisse dubitatif lorsqu'on connaît la faible pénétration du e-learning, que ce soit dans les associations ou même les entreprises…

Philippe Villette

Partenaires du projet :
DDVA d'Ille-et-Vilaine : Martine Groheux
Conseil Général d'Isère : André Vallini
DDJS Haute-Garonne : Thierry Maudet
Contact IRIV : Dr Bénédicte HALBA - 26 boulevard Raspail, 75007 Paris
Tel/fax : 01 42 84 08 25 iriv@noos.fr - www.iriv.net

Journal des Associations - n°42 - juin 2003

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